expo #10 SOFT PORN

affiche goop expo 10 webKechao Zhang / Tristan Gac du 17 avril au 13 mai 2014 Bar du Quai / Théâtre Le Quai / Angers

“La culture des toilette”, c’est ainsi que l’on nomme en Chine le type d’imagerie exposée au bar du forum du Quay comme nous l’apprend Kéchao Zhang lors d’un petit speech au vernissage. Avec une étrange évidence, les nombreux formats des séries des deux artistes s’invitaient en bonne partie dans les cabinets du bar. Les water-closets destinés aux sexes opposés étant différenciés, les intrusions furent donc autorisés, dans le souci de rendre l’exposition visible de tous et de ne pas adresser ce type d’imagerie à l’un ou l’autre des deux genres.

Les deux artistes sont encore étudiants aux Beaux-Arts d’Angers, c’est ici un fragment de leurs palettes que nous pouvons observer. Tristan Gac, fasciné par les sous-cultures productrices d’imageries fortes et très codifiées telles que la pornographie et le tuning a rassemblé pour GOOP. plusieurs peintures, dessins et broderies. Ces dernières sont des culottes féminines aux quelles il a ajouté, de la façon la plus délicate et précise qui soit, des messages ou des dessins empreints d’ironie à tendance vulgaire. Seule isolée, une peinture à l’huile sur carton gris, agrandissement partiel d’une pochette de DVD pornographique, laisse entrevoir la construction d’une image de marketing ciblé. La place et le choix du vocabulaire associé à une typographie savamment colorisée y est aussi distinguable que la place que prennent des corps fantasmés par le seul pouvoir de prénoms associés.

Se feront enfin écho avec la série de Kéchao de nombreux dessins au feutres et au crayons de couleurs, ainsi que quelques aquarelles évoquant respectivement l’univers des pin-up de la personnalisation automobile et les clichés des blogs douteux et de mauvais-goûts.

Quant au fin dessinateur chinois, celui-ci sorti de l’ombre pour GOOP. une part discrète de son travail avec deux toiles typé pop, et une série de pages de carnets à croquis. Sur ces dernières il travailla avec un souci évident de composition et de géométrie. Influencé de codes proches mais différents qu’en occident par rapport à la pornographie, les dessins au crayon bille noir et au crayon de bois de Kéchao traduise un érotisme équivoque, du porno léger. Les toiles très colorés, présentes dans l’alcôve partageant l’entrée aux cabinets, magnifient des corps aux postures évidement issues de films pornographiques. Grâce à des aplats de couleurs équilibrés, à la suppression de tout éventuel environnement et autres personnages, nous nous retrouvons face à des figures fixant le visiteur du regard et lui adressant la posture d’une chorégraphie particulière.